Un sous-sol parmi les plus riches du monde
La République Démocratique du Congo est souvent qualifiée de « scandale géologique » tant ses richesses souterraines sont exceptionnelles. Le pays concentre une part très significative des réserves mondiales de cobalt, un métal indispensable à la fabrication des batteries pour véhicules électriques, ainsi que des gisements importants de coltan, de cuivre, de diamants et d'or. Cette position stratégique place la RDC au cœur des chaînes d'approvisionnement mondiales de la transition énergétique.
La structure du secteur minier congolais
Le secteur minier en RDC se divise en deux grandes composantes :
- L'exploitation industrielle : assurée par de grandes entreprises multinationales et des sociétés à capitaux mixtes, notamment dans le Katanga et le Lualaba. Ces opérateurs sont soumis au Code minier révisé en 2018, qui a relevé les royalties et instauré une taxe sur les minerais stratégiques.
- L'exploitation artisanale et à petite échelle (ASM) : elle mobilise des centaines de milliers de creuseurs artisanaux, souvent dans des conditions difficiles et sans protection sociale adéquate. Cette activité représente une part non négligeable de la production nationale, notamment pour le cobalt et l'or.
Les retombées économiques : un bilan contrasté
Malgré des exportations minières qui constituent la principale source de devises du pays, les bénéfices pour la population restent largement insuffisants. Plusieurs facteurs expliquent cet écart :
- L'optimisation fiscale et les flux financiers illicites : des pratiques de sous-facturation et de transferts de bénéfices vers des paradis fiscaux réduisent les recettes publiques perçues par l'État.
- La faible transformation locale : la quasi-totalité des minerais est exportée brute, privant le pays de la valeur ajoutée liée à la transformation industrielle.
- Les infrastructures insuffisantes : routes, électricité et eau potable dans les zones minières restent très déficitaires, limitant le développement économique local.
Le Code minier de 2018 : une réforme ambitieuse
La révision du Code minier en 2018 a marqué un tournant dans la politique extractive congolaise. Parmi les principales innovations :
- Relèvement des royalties de 2 % à 3,5 % pour les minerais ordinaires et à 10 % pour les minerais stratégiques comme le cobalt.
- Création d'un fonds de péréquation destiné aux communautés locales.
- Obligation pour les entreprises de consacrer une part de leurs investissements au développement local.
Bien que contestée par certains opérateurs qui ont menacé de suspendre leurs investissements, cette réforme a contribué à augmenter les recettes fiscales issues du secteur.
Perspectives : vers une meilleure valorisation des ressources ?
Le gouvernement congolais affiche l'ambition de monter en gamme dans la chaîne de valeur minière, notamment à travers des projets de raffinage du cobalt et du cuivre sur le sol national. Des partenariats sont en cours de négociation avec plusieurs pays, dont la Chine, les États-Unis et des nations européennes, dans le cadre de la compétition internationale pour sécuriser les approvisionnements en minerais critiques.
La question centrale demeure : comment garantir que les richesses du sous-sol congolais se traduisent en développement humain durable pour les millions de Congolais qui vivent à proximité de ces gisements ?