RDC – Electricité : Entre la Gestion Chaotique de Fabrice Lusinde et l’ingérence de Jean-Lucien Bussa, la SNEL est en danger !
La SNEL s’enfonce dans la crise, le management conflictuel du Directeur Général Fabrice Lusinde et les blocages politiques du ministre du Portefeuille Jean-Lucien Bussa paralysent la première société commerciale de la RDC. LA SNEL est minée par des ingérences politiques et une gestion désastreuse dénoncée par les Commissaires aux comptes et par l’audit interne. Le Conseil d’administration maintient le cap de la bonne gouvernance et attend l’installation prochaine du Comité de Direction nommé par le conseil et réclamé par le personnel et par la délégation syndicale.

Lusinde sourd aux changements
Le Directeur Général de la SNEL Fabrice Lusinde cumule les fonctions de Directeur général et de Directeur financier, une pratique contraire aux principes de bonne gouvernance. Son management conflictuel a été maintes fois dénoncé, caractérisé par des éclats en Conseil d’administration. Pire, il s’oppose à la nomination de nouveaux Directeurs pour remplacer les intérimaires en place depuis deux ans et nommés par clientélisme.
Cette résistance bloque toute réforme interne, alors qu’un processus transparent, supervisé avec les censeurs des ministères concernés, Ressources hydrauliques et Portefeuille, avait permis d’identifier des candidats compétents à la suite d’une procédure de recrutement avalisée par le Conseil d’administration.
Les Directeurs de Département nommés par le Conseil d’administration ont franchi toutes les étapes d’une rigoureuse procédure de sélection. Mais Kisengua Nsimba, Elalanga Isolu, Kande Ngalamulume, Assani, Makap A Muteb, Pelenda Zi Makonda, Léon Makwenge, Nsiku Lutete, Manzanza Mbakata, Nyembo Beyule, Bilali Bwali, Tshimpaka Ngandu, Kazadi Kalonga sont bloqués par le Directeur Général de la SNEL qui craint de perdre ses avantages cumulés de Directeur financier.
Les conséquences de la gestion par des intérimaires irresponsables depuis deux ans sont désastreuses. Les entreprises minières (Kamoa, MMG, Glencore, etc.) prêtes à consommer l’électricité locale, doivent importer de l’énergie à grands frais en raison des défaillances chroniques de la SNEL. Cette situation prive la société de revenus importants et freine le développement du secteur énergétique national.
L’attitude de Fabrice Lusinde avait conduit l’ancien Président du conseil d’administration Alain Atundu à lui retirer son statut d’invité permanent aux réunions du conseil. Les relations étaient tout aussi mauvaises avec l’ancien Directeur Général Jean-Bosco Kayombo, accusé de détournements puis acquitté par la cour d’appel de Kinshasa, et avec l’ancien Directeur général adjoint Teddy Lwamba, devenu ministre des Ressources hydrauliques.
Le Portefeuille complice du chaos
Le ministre du Portefeuille Jean-Lucien Bussa semble entretenir les blocages. On se souvient que lors des États-généraux du Portefeuille le 13 décembre 2024, il a publiquement dénigré les Président du Conseil d’administration, reconnu au plan international en management d’entreprise et ancien vice-président de la FEC.
Le Conseil d’administration habilité par les statuts de la SNEL à nommer les nouveaux Directeurs de Département se voit systématiquement contrecarré par le ministre du Portefeuille qui maintient un statu quo nocif.
Cet immobilisme dans la réforme de la SNEL a entrainé en 2024 le rejet des comptes 2023 de cette société par le Conseil d’administration, en présence du Directeur Général Lusinde. Les commissaires aux comptes se sont déclarés dans l’impossibilité de se prononcer sur la véracité des comptes, suivis dans la même décision par l’audit interne de la SNEL.
La complicité du ministère du Portefeuille mène la SNEL sur la pente fatale de la faillite. Le bilan de la gestion Lusinde est catastrophique après cinq ans comme Directeur général adjoint et trois ans comme Directeur général et Directeur financier.
La desserte électrique nationale ne s’est pas améliorée avec une gouvernance chaotique marquée par des nominations clientélistes d’intérimaires peu performants. L’absence de trésorerie et l’opacité de la gestion pénalisent gravement la rentabilité.
La délégation syndicale au front
Face à cette situation la délégation syndicale de la SNEL qui a été témoin du processus de sélection transparent des nouveaux directeurs crie à l’urgence d’une refonte et s’indigne de ces blocages. Elle dénonce une gestion calamiteuse qui pénalise les employés et le pays tout entier. La SNEL est l’otage d’intérêts politiques et personnels du duo toxique formé par un Directeur général dépassé par la tâche et un ministre du Portefeuille qui bloque toute réforme.
Sans un changement radical de gouvernance, le redressement du secteur électrique congolais restera une illusion, au détriment des populations et des investisseurs. Les syndicats exigent le respect des décisions prises par le Conseil d’administration pour sortir la SNEL du chaos managérial.
Claver Mayanga