Rapport de l’Igf sur le contrat chinois : la Sicomines conteste, la chine le rejette en bloc !

L’ambassadeur chinois en RD – Congo

Contestée à l’interne tant par les instances judiciaires,  qui l’accusent de produire des rapports  bâclés, que par l’opposition politique RD – Congolaise qui la considère plutôt comme une police politique à la solde des intérêts politiques du chef de l’état Félix Tshisekedi, l’Inspection générale des finances (Igf) est maintenant jugée moins crédible par la Chine. En cause, le dernier rapport  publié le mercredi 15 février dernier, au terme de son étude  sur le contrat sino – congolais, où cette institution de contrôle accuse  l’Empire du milieu d’avoir largement bénéficié de cet accord, au détriment de la RD – Congo.  En réaction à ces accusations, l’ambassade de  Chine en RDC, dans un communiqué de presse rendu public hier, rejette en bloc toutes ces allégations, estimant qu’elles sont infondées,  illusoires et dépourvues de « valeur constructive ».

Le contrat chinois, « bel exemple d’un partenariat gagnant-gagnant »…

  « Nous avons appris avec stupéfaction la publication du rapport sur le Contrat chinois par l’Inspection Générale des Finances (IGF) de la République Démocratique du Congo. Nous avons le regret de constater que le rapport, dont le contenu est plein de préjugés, ne correspond pas à la réalité, ne peut pas être considéré comme crédible et n’a pas de valeur constructive », a indiqué l’ambassade chinoise en RDC dans sa communication.

Elle a également affirmé que le contrat chinois constitue « un bel exemple d’un partenariat gagnant-gagnant ». Une manière indirecte donc de répondre aux tireurs de ficelles dont la coopération avec tous les pays sud était de type coloniale, où tout était  pour l’hégémon et rien  pour les dominés, si ce ne sont des arêtes de poissons.   Aussi, l’ambassade de Chine en RDC a évoqué plusieurs réalisations palpables, qui prouvent que la partie congolaise a bénéficié effectivement de cette coopération.

Dans son rapport, l’Igf a évalué à 822 millions USD l’ensemble d’infrastructures qui a été réalisé par la chine, dans le cadre dudit contrat. Un montant inférieur à celui du gouvernement de la République, qui, à l’issue d’un conseil des ministres tenu en 2021,  avait plutôt parlé de  900 millions USD. Avant de justifier l’arrêt des travaux par l’insuffisance de mégawatt  de la Société nationale d’électricité (Snel)  pour faire fonctionner la Sicomines, cette société qui devait restituer en minerais l’argent investi par la partie chinoise.

C’est ainsi qu’il fut convenu de construire le barrage de Busanga dont le coût est évalué à 670 millions, pour pallier à cette insuffisance. Dans le compte – rendu du conseil des ministres précité, il était clairement dit que les travaux du contrat avec la Chine devait reprendre à la fin des travaux de ce barrage hydro – électrique. En 2021, le barrage est devenu opérationnel et depuis, comme l’a récemment affirmé Félix Tshisekedi au forum économique de Davos, les deux parties sont en pleine négociation pour relancer lesdits travaux.

Aucune des parties dans cet accord ne semble prête à le résilier !

Possible donc que la récente sortie de l’Igf, qui est service sous ordre direct du chef de l’état,  soit une manière pour le gouvernement congolais de faire monter les enchères. Vu qu’aucune des parties dans ledit accord ne semble prête à le résilier. E effet, en dépit de pressions occidentales, Félix Tshisekedi y tient toujours. Sauf qu’il voudrait que  la partie chinoise, qui s’était engagée à consacrer 3 milliards Usd dans le projet d’infrastructure, puisse rééquilibrer les choses et cela, comme le suggère sa porte – voix qu’est l’Igf,  en portant cet engagement à 20 milliards, « afin de refléter la valeur réelle que des concessions minières que la Gécamines a apportés à l’accord ».  

De son côté, comme l’a rapporté sa représentation en RDC, le gouvernement chinois encourage les entreprises chinoises à travailler avec leur partenaire congolais « pour améliorer la coopération en la faisant bénéficier davantage à la partie congolaise, et résoudre les désaccords à travers le dialogue amical et raisonnable»

En conclusion, Le gouvernement chinois promets de continuer à défendre fermement les droits et intérêts légitimes des entreprises chinoises et « riposter résolument » à toute violation des droits et intérêts légitimes des entreprises chinoises.

La Sicomines conteste tant la compétence de l’Igf que la procédure suivie…

La Sicomines, quant à elle, n’a pas aussi tardé à réagir face au rapport de l’Igf. Dans un communiqué de presse publié le vendredi 17 février dernier dont une copie est parvenue à Cfinances.info, elle dit contester tant la compétence de l’Inspection générale des finances que la procédure suivie par cette dernière mais également aussi le contenu des documents produits par cette institution de contrôle.

« La Sicomines, qui n’est pas partie à la convention à la collaboration a pris connaissance des documents. Elle conteste tant la compétence de l’Igf, que la procédure suivie (en violation des droits de la Sicomines) et le contenu de ces documents (conclusion de l’Igf sur la convention de collaboration d’avril 2008 entre la RDC et le groupement d’entreprises chinoises et exigence de l’Igf au regard de ses conclusions sur le contrat chinois, ndlr), lesquels font fit du mécanisme mis en place par la RDC au travers de la convention de collaboration et les droits bénéficiés à la sicomines, et en particulier du droit d’être entendu », a – t – elle fait valoir dans son communiqué.

Par ailleurs, la Sicomines estime que les critiques et mesures mises en œuvre par l’Igf nuisent aussi bien à son bon fonctionnement qu’au projet de coopération avec la première puissance commerciale au monde, et portent atteintes aux intérêts du peuple congolais. Elle rappelle que la RD – Congo est un état de droit, où le droit de la défense et des engagements pris à l’égard des investisseurs étrangers ne peuvent être bafoués,  avant de finir en promettant qu’elle « évaluera la suite qu’il convient d’y donner  afin de protéger ses droits ».

La résiliation pure et simple dudit contrat, à défaut de sa révisitation par les deux Nations

Dans ses conclusions de l’étude menée sur le contrat sino-congolais, l’IGF avait entre autres révélé que les minerais extraits du sous-sol congolais pouvaient être estimés à plus de 10 milliards USD alors que les infrastructures construites par la chine pour la RD – Congo ne représenteraient qu’une modique somme de 822 millions USD. Ainsi, elle avait conseillé la résiliation pure et simple dudit contrat, à défaut de sa révisitation par les deux nations.

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Papy Mumputu

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