Presse : Patrick Muyaya ne peut-il pas joindre les actes à la parole pour honorer la mémoire des 22 Journalistes Assassinés en RDC entre 1994-2021 ?

En République Démocratique du Congo, la liberté de la presse est un droit inscrit dans la Constitution, mais qui peine à être respecté. Entre 1994 et 2021, pas moins de 22 journalistes ont perdu leurs vies dans l’exercice de leur métier, victimes de la violence qui gangrène le pays.
Patrick Muyaya, actuel Ministre de la Communication et des Médias, est souvent considéré comme le porte étendard et l’une des figures politiques les plus visibles dans la défense de la liberté de la presse en RDC. Mais une question demeure : est-il réellement à la hauteur pour défendre et honorer la mémoire de ces journalistes tombés pour la vérité ?
Depuis les années 1994, les journalistes congolais ont été exposés à un environnement de travail extrêmement dangereux. Les menaces, les intimidations, et les assassinats ont été monnaie courante, et la majorité des crimes contre les journalistes sont restés impunis.
Parmi les noms gravés dans la mémoire collective, Franck NGYKE KANGUNDU, journaliste à La Référence Plus, assassiné en 2005 après avoir dénoncé des injustices sociales, la corruption et les dérives politiques. Son meurtre, comme tant d’autres, n’a toujours pas trouvé de réponse judiciaire satisfaisante, malgré les nombreux plaidoyers menés.
Patrick Muyaya, journaliste de formation, a pris la tête du Ministère de la Communication et des Médias en avril 2021. Il a rapidement mis en avant son engagement pour la protection des journalistes, multipliant les déclarations en faveur de la liberté de la presse et promettant des réformes pour améliorer la sécurité des journalistes en RDC.
Cependant, ces déclarations, bien qu’encourageantes, se heurtent à la dure réalité sur le terrain. En dépit de son activisme verbal, il peine à obtenir des résultats concrets, souvent entravées par un système judiciaire corrompu et une culture de l’impunité profondément ancrée.
Pour honorer véritablement les 22 journalistes assassinés, il ne suffit pas de dire des belles paroles. Il est impératif d’agir pour garantir que ces crimes ne restent pas impunis. Cela implique non seulement une réforme profonde du système judiciaire, mais aussi une volonté politique claire de mettre fin à l’impunité.
La RDC a besoin d’une véritable stratégie de protection des journalistes, comprenant des mécanismes de sécurité efficaces, une formation appropriée sur la sécurité digitale et physique, et une collaboration renforcée avec les organisations internationales de défense des droits des journalistes.
Il faut reconnaître que le Ministre Muyaya est sans doute sincère dans son engagement pour la défense des journalistes en RDC mais, peut-il réellement faire la différence en honorant la mémoire des 22 journalistes assassinés entre 1994 et 2021 ?
Seuls des actes concrets, au-delà des déclarations d’intention, pourront répondre à cette question. Tant que l’impunité persiste, la mémoire de ces journalistes restera entachée par l’inaction et l’oubli.