Le chassé-croisé Tshisekedi-Kabila à Windhoak, une protection mutuelle qui inquiète

Alors que l’affaire des millions que Kabila aurait volés à la RD-Congo via Egal, en complicité avec la société namibienne Samaki Fishing Enterprises, fait encore couler d’encre, l’ancien chef de l’Etat et son successeur apparaissent dans le ciel de Windhoak, le premier en présentiel, le second par téléphone. Ce qui inquiète d’aucuns !
Pendant que Kabila s’est rendu lui-même en Namibie pour préparer sa riposte face aux accusations portées contre lui par le journal The Namibie, qu’il a décidé d’amener en justice pour diffamation, le même journal fait d’autres révélations, la présence téléphonique de Tshisekedi.
En effet, Joseph Kabila s’est rendu en Namibie en novembre à titre privé. Mais les personnes rencontrées montrent toute la haute facture de ce déplacement. Selon le confrère The Namibian, Kabila a eu des très longues discussions avec l’ancien président Sam Nujoma puis avec le président par intérim Nangolo Mbumba, à l’absence du président Hage Geingob, qui assistait à la conférence des Nations Unies sur le changement climatique de 2021 en Écosse.
.C’est sa troisième rencontre qui a révélé les raisons de sa visite, celle avec la femme d’affaires Martha Namundjebo-Tilahun et plusieurs autres personnalités proches Samaki Fishing Enterprises et United Africa Group.
« L’ancien président Joseph Kabila Kabange s’est rendu en Namibie à titre privé, et il n’y a rien de fâcheux dans cette visite qui mérite un commentaire spécial de la présidence », avait déclaré le porte-parole de State House, Alfredo Hengari.
Cependant, ce que le journal namibien découvre, est que la rencontre entre Nujoma et Kabila est survenue lors d’une conversation téléphonique entre Geingob et le président de la RD-Congo Felix Tshisekedi.
Selon les premières informations du confrère, Tshisekedi aurait remis en cause le voyage de Kabila en Namibie parce que la famille de ce dernier et ses associés faisaient l’objet d’une enquête mondiale, connue sous le nom de « Congo Hold-Up », qui révèle un schéma de transactions apparemment corrompues impliquant le cercle restreint de l’ancien président et BGFIBank, la plus grande banque privée d’Afrique centrale, la société Egal, ainsi que deux sociétés namibiennes.
Mais après une enquête approfondie, cette interprétation semble moins plausible, pour le confrère. Car, après avoir tenu des réunions avec ses partenaires et autres personnalités de la Namibie, Kabila va décider d’attaquer en justice ses détracteurs. Mais l’événement déclencheur de l’action en justice contre les détracteurs de Kabila, sera la déclaration, mieux une série des déclarations de l’homme de main de Tshisekedi, monsieur Jules Alingete qui, du haut de son piédestal, dira que les 40 millions qu’auraient détourné Egal, tel que le prétend le dossier Hold Up, est une fausse information.
Cette déclaration, selon les confrères namibiens, serait à la suite de la conversation que les autorités namibiennes auraient eue avec le président RD-Congolais, Félix Tshisekedi.
Fort de ce blanchissement, la machine de Kabila en Namibie s’est mise en branle contre ses détracteurs. (lire notre article sur la plainte de Kabila contre The Namibian).
Interrogé à ce sujet, le porte-parole de la présidence namibienne a eu du mal à esquiver. Hengari a confirmé que Tshisekedi avait eu une conversation téléphonique avec le président Geingob alors que Kabila était encore en Namibie, avant d’ajouter que « ce dont ils ont discuté par téléphone est une affaire entre deux chefs d’État », a-t-il déclaré.
Il faut attendre voir d’où viennent les chinchards distribués actuellement en RD-Congo, alors que ceux achetés nagent encore dans les eaux namibiennes, afin de comprendre si l’un a sauvé le projet de l’autre en activant Egal et l’autre a blanchi son sauveur en retour d’ascenseur.
Comme pour dire, vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà